L E   J O U R N A L   D U
C O N F I N E M E N T

 

Pour un photographe de rue, le confinement n'est pas synonyme d'inactivité. Je me suis donc installé à une fenêtre donnant sur le boulevard Jourdan, à Paris, pour observer la vie dans la rue, et parfois sortir, au cours de ces journées très particulières.

 

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photo du jour

 

 

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Les bars, restaurants, cinémas et de nombreux autres lieux publics
sont fermés depuis l'avant-veille. Le restaurant Chin-Chin,près
du parc Montsouris, donne de la nourriture à qui en veut.

 

On repart avec quantité de blanquette de veau, fromages et salades.
Le confinement commence dans une demi-heure, à midi.

 

 

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Le premier matin du confinement.

Depuis quelques jours, depuis que l'exemple italien a persuadé les foules qu'un confinement était imminent, le riz, les pâtes et le papier-toilette disparaissent dans les magasins d'alimentation. Ce mardi matin, c'est la queue devant les magasins, ici en aller-retour chez Lidl. Les clients maintiennent la distance de sécurité. Quelque-uns portent des masques.

 

Confiné pour un nombre indéterminé de jours, je m'installe à la
fenêtre avec un zoom 105-450 mm, en équivalent plein format,
et j'observe ce qui se passe sur le boulevard.

 

 

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Diverses dérogations sont prévues pour sortir malgré le confinement.
Parmi celles-ci, la promenade du chien.

 

 

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  Le papier-toilette est devenu une denrée très prisée. Pour ne pas risquer d'être emmerdés s'ils arrivaient au bout du rouleau, les gens font des stocks.  

 

 

 

 

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Pour la première fois depuis le début du confinement, Anne-Marie sort faire des courses, protégée par son masque-canard.

 

On est jamais trop prévoyant.

 

 

 

C'est aujourd'hui samedi, le jour du marché sur le boulevard. Daniel et Sandra, les poissonniers, ont marqué la distance minimale entre les clients de la file

 

Il est important de garder le contact avec les autres. À condition de ne pas
s'emberlificoter dans le fil des écouteurs.

 

 

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6 è m e   j o u r

 

Un dimanche encore plus dimanche que les autres dimanches.
Il n'y a presque personne dans la rue...

 

...sauf un voisin qui sort son chien sur les rails du tramway.

 

                    Semaines dimanches lâches
                    Qui s'épanchent dans le vide
                    (Paul Éluard)

 

 

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7 è m e   j o u r

 

Un client âgé montre une carte au vigile pour ne pas faire la queue.

 

L'agrandissement de la photo révèle que c'est sa carte de handicapé.

 

Sur les réseaux sociaux, il a été demandé d'applaudir les soignants
à la fenêtre, tous les jours à 20h précise. Dans la cour, c'est tous
les soirs un tonitruand concert de casseroles.

 

 

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Le gouvernement décide d'interdire les marchés ouverts.

 

Le ravitaillement arrive régulièrement. Ceux qui se sont jetés sur les vivres et le PQ ont eu tort de paniquer.

 

 

 

 

 

 

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9 è m e   j o u r

 

Les parcs publics sont fermés depuis plusieurs jours.
Les joggeurs n'ont d'autres choix que de courir sur le boulevard.

 

En face, au 12ème étage, une voisine parcours inlassablement sa terrasse pour garder la forme et faire son nombre de pas quotidien.

 

En soirée, une autre voisine patchée et printanièrement vêtue s'occupe de ses plantes
sous le regard de son chat.

 

Les services de secours ne sont pas confinés.

 

 

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10 è m e   j o u r

 

Depuis peu, les sorties sont limitées à une seule par jour, 1 heure seulement,
et dans un rayon de 1 kilomètre maximum autour du lieu de confinement.

 

16:00 - Au dixième jour, pour la première fois depuis le confinement, je suis sorti. La rue n'a pas tellement changé. J'ai croisé le regard de la vendeuse de pains de la boulangerie Pereira. Elle n'a pas beaucoup changé, depuis le temps. Mais je crois qu'elle a eu du mal à me reconnaître. J'ai poussé jusqu'au métro Mouton-Duvernet, à exactement 1,0 km de mon confinement. Là, une force obscure m'a poussé à rebrousser chemin. Je suis rentré au confinement à 16:56, juste avant la limite impartie. Je l'ai échappé belle. Un jour, je recommencerai

 

Devant l'église de la place d'Alésia. Philippulus le Prophète déconfine lui aussi...

 

Tous les commerces qui ne sont pas indispensables à la vie économique sont fermés.

 

 

 

 

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Tout le pays n'est pas arrêté.

 

 

 

La voisine aux fleurs est de nouveau sur son balcon, avec son chat confiné.

 

 

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Un SDF fait la manche une bonne partie de la journée, bien
au delà de l'unique heure de sortie autorisée. Mais il ne sera
jamais inquiété par la maréchaussée.

 

Le PQ reste une valeur sûre. Pour demain, après-demain et les autres jours.

 

 

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Et inversement, sans parler
du virus qui change les deux.

 

                          La pollution a considérablement baissé sur le boulevard.
                          Il y a du monde aux balcons.

                          En haut à gauche, c'est la politique de la chaise vide.
                          À droite, une dame lit un roman. La Peste peut-être...
                          Juste en bas, le balcon est déséspérement vide.
                          À gauche, c'est le moment de laver la rambarde du balcon.
                          Dessous, la voisine réarrange ses cheveux sans son chat.
                          En bas à droite, le vélo n'a pas servi depuis des jours.

 

Danse sur le balcon. Le chat n'est pas là. Quelques rythmes lointains traversent le boulevard.

 

C'est le passage à l'heure d'été. Le concert de casseroles qui se
produisait de nuit, se déroule à présent aux dernières lueurs
du jour, côté cour, avec en prime le roulement d'un djembé.

 

 

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La trottinette rouge.

 

Contrôle de l'attestation de déplacement dérogatoire, dans la file d'attente pour entrer chez Lidl.

 

Une amende de 135 euros pour défaut d'attestation de déplacement dérogatoire est plus
que dissuasive pour des personnes à faibles revenus. Elle est carrément calamiteuse.

 

Pendant que le concert de casseroles retentit du côté cour à 20 heures précises,
sur le boulevard, on applaudit les soignants.

 

 

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1 5 è m e   j o u r

 

Avec le masque de protection, le chariot est devenu l'objet emblématique du confinement.

 

 

 

En face, sur le balcon, le vélo est toujours à la même place, immuable.

 

 

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À ce jour : plus de 359 000 amendes pour non respect des conditions de sortie.

 

 

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1 7 è m e   j o u r

 

 

 

Les masques de protection FFP2 sont encore rares,
mais Lidl reçoit une montagne de papier toilette.

 

Sortie « limitée à la promenade (...) et aux besoins des animaux de compagnie ».
Avenue René Coty.

 

 

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